Les systèmes de stéréophonie à plus de deux canaux : Différence entre versions

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m (Fono Forum, juin 1971, page 461 (Allemagne))
m (Traduction)
 
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=== Le témoignage de Bernard Neveu ===
 
=== Le témoignage de Bernard Neveu ===
  
  M. Bernard Neveu nous a aimablement fait part de ses souvenirs de la rédaction de l'opuscule ci-dessus avec M. Georges Cabasse. Bernard Neveu est preneur de son et compagnon de route de G. Cabasse depuis la fin des années 50. Il est le réalisateur des prises de son utilisées lors des démonstrations Cabasse aux différents Salons du Son auxquels il a participé jusqu'en 1995. Il a fondé les labels BNL et Syrius.
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  M. Bernard Neveu nous a aimablement fait part de ses souvenirs de la rédaction de l'opuscule ci-dessus avec M. Georges Cabasse. Bernard Neveu est preneur de son et compagnon de route de G. Cabasse depuis la fin des années 50. Il est le réalisateur des prises de son utilisées lors des démonstrations Cabasse aux différents Festivals du Son (devenus par la suite Salons de la Hi-fi) auxquels il a participé jusqu'en 1995. Il a fondé les maisons de disques BNL et Syrius.
  
  
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''Titre :'' Des nouvelles de Paris : Hi-fi en bord de Seine
 
''Titre :'' Des nouvelles de Paris : Hi-fi en bord de Seine
  
Une fois de plus, ce fut une grosse bousculade. Les années précédentes, le leitmotiv était de vouer le bâtiment d'exposition aux gémonies, en espérant mieux l'année prochaine. Mais en 1971, on se retrouva encore une fois dans l'ancien hôtel Prince sur les bords de la Seine, étroit, avec des couloirs sans fin et des escaliers abrupts.
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''Texte :'' Une fois de plus, ce fut une grosse bousculade. Les années précédentes, le leitmotiv était de vouer le bâtiment d'exposition aux gémonies, en espérant mieux l'année prochaine. Mais en 1971, on se retrouva encore une fois dans l'ancien hôtel Prince [''l'hôtel du Palais d'Orsay, contigu à la gare du même nom, NdT''] sur les bords de la Seine, étroit, avec des couloirs sans fin et des escaliers abrupts.
  
 
Malgré tout, l'auteur confirme que l'exposition hi-fi (la dénomination officielle de l'événement est : 13ème Festival du Son avec salon hi-fi) est devenue de plus en plus intéressante au fil des années. Et cela pour deux raisons : d'une part, elle permet de prendre connaissance de l'état général du marché français, pour lequel elle est destinée ; d'autre part, elle permet de voir et d'écouter une importante partie de l'offre actuelle de matériels. Le visiteur allemand n'y a généralement pas découvert de nouveautés intéressantes, dans la mesure où les exposants germaniques n'ont présenté que de vieilles connaissances. Les principales nouveautés provenaient de l’industrie française, qui, comme on le sait, est très faiblement représentée en Allemagne. Ces productions pourraient pourtant apporter un nouvel attrait aux magasins spécialisés allemands. Chez Scientelec, on a pu entendre une très bonne démonstration en quadriphonie. La méthode n’est pas, comme on l’a prétendu, artificielle, mais elle permet de rendre audible l’espace sonore contenu dans les programmes en deux canaux. Il semble que le système fonctionne selon la technique développée par David Hafler : un filtre passif (ici installé dans l’une des enceintes) extrait les informations spatiales contenues dans le programme et les redirige vers les deux enceintes supplémentaires. L'une d'elles se situait entre les haut-parleurs principaux à l'avant et l'autre derrière le point d'écoute. Apparemment, ce système est utilisable avec n’importe quel amplificateur. Un système de Cabasse fonctionnait de la même manière. Là aussi, la source provenait d’un magnétophone deux pistes dont étaient extraits quatre canaux reproduits sur quatre enceintes réparties dans la salle de manière à produire un effet de spatialisation clairement perceptible.
 
Malgré tout, l'auteur confirme que l'exposition hi-fi (la dénomination officielle de l'événement est : 13ème Festival du Son avec salon hi-fi) est devenue de plus en plus intéressante au fil des années. Et cela pour deux raisons : d'une part, elle permet de prendre connaissance de l'état général du marché français, pour lequel elle est destinée ; d'autre part, elle permet de voir et d'écouter une importante partie de l'offre actuelle de matériels. Le visiteur allemand n'y a généralement pas découvert de nouveautés intéressantes, dans la mesure où les exposants germaniques n'ont présenté que de vieilles connaissances. Les principales nouveautés provenaient de l’industrie française, qui, comme on le sait, est très faiblement représentée en Allemagne. Ces productions pourraient pourtant apporter un nouvel attrait aux magasins spécialisés allemands. Chez Scientelec, on a pu entendre une très bonne démonstration en quadriphonie. La méthode n’est pas, comme on l’a prétendu, artificielle, mais elle permet de rendre audible l’espace sonore contenu dans les programmes en deux canaux. Il semble que le système fonctionne selon la technique développée par David Hafler : un filtre passif (ici installé dans l’une des enceintes) extrait les informations spatiales contenues dans le programme et les redirige vers les deux enceintes supplémentaires. L'une d'elles se situait entre les haut-parleurs principaux à l'avant et l'autre derrière le point d'écoute. Apparemment, ce système est utilisable avec n’importe quel amplificateur. Un système de Cabasse fonctionnait de la même manière. Là aussi, la source provenait d’un magnétophone deux pistes dont étaient extraits quatre canaux reproduits sur quatre enceintes réparties dans la salle de manière à produire un effet de spatialisation clairement perceptible.

Version actuelle datée du 5 mars 2020 à 21:42

Présentation des documents

Le catalogue Cabasse de 1972 contient un intéressant document qui expose le principe d'une reproduction stéréophonique sur plus de deux canaux, en l’occurrence quatre canaux (ce qu'il sera convenu d'appeler la quadriphonie ou quadrophonie pour les Allemands). Ce document mentionne également des expériences de reproduction menées dès la fin des années 50 sur un nombre de canaux encore supérieur.

Le preneur de son Bernard Neveu, compagnon de route de Georges Cabasse dès les années 50, nous relate ses souvenirs de cette époque liés aux expériences de prises de son et de reproductions en multicanal menées par Cabasse.

Le magazine ouest-allemand Fono Forum a publié en 1971 un compte-rendu du Festival du Son de 1971 à Paris qui relate une démonstration d'un système quadriphonique par Cabasse.

Documents

Les systèmes de stéréophonie à plus de deux canaux (1971)

Grand merci à Philippe 29

Brochure d'avril 1971 :

catalogue-1972-stereophonie-multicanale-1.jpg

catalogue-1972-stereophonie-multicanale-2.jpg

Le témoignage de Bernard Neveu

M. Bernard Neveu nous a aimablement fait part de ses souvenirs de la rédaction de l'opuscule ci-dessus avec M. Georges Cabasse. Bernard Neveu est preneur de son et compagnon de route de G. Cabasse depuis la fin des années 50. Il est le réalisateur des prises de son utilisées lors des démonstrations Cabasse aux différents Festivals du Son (devenus par la suite Salons de la Hi-fi) auxquels il a participé jusqu'en 1995. Il a fondé les maisons de disques BNL et Syrius.


« Je me souviens fort bien de cet article dont nous avions débattu ensemble, Georges et moi.

Aujourd’hui, à l’exception du principe, qui est immuable sauf quant à la disposition des haut-parleurs et microphones, c’est largement dépassé, puisque les moyens actuels permettent à tout un chacun d’adjoindre à n’importe quel ordinateur personnel une carte son multicanale à prix très abordable permettant la lecture des fichiers 4 ou 6 canaux tels que vous les connaissez. Ces fichiers peuvent être achetés par téléchargement.

Ce qui bloque aujourd’hui la diffusion de ce mode d’écoute fabuleux est de deux origines :

- le coût supplémentaire du matériel adapté ;

- et surtout le local idoine pour en profiter pleinement sans déclencher les foudres de la maîtresse de maison ! Il est vrai qu’un intérieur Louis XV s’accommode mal de la présence de ces monstres.

Quant à l’expérience de l’enregistrement en 8 canaux, je m’en souviens comme si c’était hier. Georges disposait à l’époque d’un énorme Ampex 8 pistes travaillant sur bandes 1 pouce qui lui avait été confié pour une mise au point. L’un des essais, le plus concluant auquel nous nous sommes livrés, était l’enregistrement dans un temple à St-Germain-en-Laye de la chorale dirigée par mon beau-frère, Jacques Gommier (le mari de Marie-Claire Alain). Je ne vous dis pas la somme de matériel utilisé : 8 perches de microphones, 8 microphones (Schœps omnidirectionnels), 8 câbles, 8 amplificateurs de 100 W, 8 haut-parleurs (je ne me souviens plus du modèle). Quelques jours après, nous nous sommes retrouvés tous les deux à Lagny, dans une propriété appartenant à ses beaux-parents, où, sur une immense pelouse, nous avons tout installé. Ni lui ni moi n’avions jamais entendu une restitution aussi criante de réalisme. C’est probablement ce qui a conduit à la Pentaphonie dont les démonstrations ont été faites au Festival du Son durant de nombreuses années. Malheureusement, cela devait se limiter à une expérience de laboratoire.

Le premier test de live-music a eu lieu environ deux ans auparavant (peut-être trois) dans l’amphithéâtre de la Maison de la Chimie à Paris. Sur scène, un orchestre de jazz, presque big band (était-ce Claude Bolling ? Je n’en suis plus certain [1] [2]), deux enceintes genre Brigantin ou ENC 40, là encore je titube car je n’avais pas participé à la mise en place du dispositif et, bien entendu, 2 Schœps omnidirectionnels.

Je crois vous avoir d’ailleurs raconté la conclusion cocasse d’un des médias présents : dans l’exécution de certains morceaux, tous préalablement enregistrés, il était convenu qu’à peu près au milieu, c’est la bande qui remplacerait l’orchestre. Dans l’une d’entre elles, au moment convenu, les musiciens ont déposé leurs instruments et se sont mis à lire le journal. L’article publié avait noté que c’était très édifiant mais qu’effectivement on pouvait percevoir une petite différence au moment de la transition : l’orchestre avait seulement fait semblant de jouer ; c’est l’enregistrement qui avait défilé.

Par la suite, j’ai eu l’occasion de participer à une autre expérience à Brest, dans un théâtre, mais nous n’avons pas refait la farce. Puis ont suivi toutes les démonstrations dans de nombreux salons auxquels je participais.

Il ne faut pas oublier de rappeler les noms de ceux qui – mise à part ma modeste contribution – ont été les acteurs et techniciens de ces réalisations : notamment François Bellec, le chef du labo, et Philippe Muller.

Prenons bien garde de ne pas conclure de mes relations amicales et professionnelles avec Georges Cabasse (plus de quarante années), je puisse être « le geai qui se pare des plumes du paon » de La Fontaine. J’entends rester d’une modestie exemplaire à côté de ce grand homme. »

Source: oso

Notes :

[1] Il s'agit bien de l'orchestre de Claude Bolling. Ce dernier évoque cette expérience dans un entretien avec M. Jean-Pierre Jumez (site de M. Jumez).

[2] La biographie de Claude Bolling, Bolling Story (édition Alphée, 2008), relate également cette expérience. Un extrait de cette biographie peut être lu sur le site des édition Frémeaux (en bas de page).

Cabasse en quadriphonie au Festival du Son de 1971

Fono Forum, juin 1971 (Allemagne)

fono-forum-festivalduson71.jpg

Traduction

Il est à observer que l'auteur de cet article fait un parallèle entre le système quadriphonique de Cabasse et une démonstration en quadriphonie par Scientelec. Toutefois, les principes des deux systèmes semblent être différents. En  effet, l'article mentionne clairement que le système de Scientelec consiste à extraire des informations spatiales de bande-son en deux canaux. Ce procédé se rangerait donc dans la troisième catégorie de systèmes quadriphoniques évoquée dans la brochure ci-dessus (cf. supra, 2.1). Le système prôné par Cabasse consiste au contraire à procéder à un enregistrement véritablement multicanal à l'aide de quatre microphones pour obtenir quatre canaux discrets codés sur deux pistes. Ce système appartient à la deuxième catégorie évoquée dans la brochure ci-dessus.


Titre : Des nouvelles de Paris : Hi-fi en bord de Seine

Texte : Une fois de plus, ce fut une grosse bousculade. Les années précédentes, le leitmotiv était de vouer le bâtiment d'exposition aux gémonies, en espérant mieux l'année prochaine. Mais en 1971, on se retrouva encore une fois dans l'ancien hôtel Prince [l'hôtel du Palais d'Orsay, contigu à la gare du même nom, NdT] sur les bords de la Seine, étroit, avec des couloirs sans fin et des escaliers abrupts.

Malgré tout, l'auteur confirme que l'exposition hi-fi (la dénomination officielle de l'événement est : 13ème Festival du Son avec salon hi-fi) est devenue de plus en plus intéressante au fil des années. Et cela pour deux raisons : d'une part, elle permet de prendre connaissance de l'état général du marché français, pour lequel elle est destinée ; d'autre part, elle permet de voir et d'écouter une importante partie de l'offre actuelle de matériels. Le visiteur allemand n'y a généralement pas découvert de nouveautés intéressantes, dans la mesure où les exposants germaniques n'ont présenté que de vieilles connaissances. Les principales nouveautés provenaient de l’industrie française, qui, comme on le sait, est très faiblement représentée en Allemagne. Ces productions pourraient pourtant apporter un nouvel attrait aux magasins spécialisés allemands. Chez Scientelec, on a pu entendre une très bonne démonstration en quadriphonie. La méthode n’est pas, comme on l’a prétendu, artificielle, mais elle permet de rendre audible l’espace sonore contenu dans les programmes en deux canaux. Il semble que le système fonctionne selon la technique développée par David Hafler : un filtre passif (ici installé dans l’une des enceintes) extrait les informations spatiales contenues dans le programme et les redirige vers les deux enceintes supplémentaires. L'une d'elles se situait entre les haut-parleurs principaux à l'avant et l'autre derrière le point d'écoute. Apparemment, ce système est utilisable avec n’importe quel amplificateur. Un système de Cabasse fonctionnait de la même manière. Là aussi, la source provenait d’un magnétophone deux pistes dont étaient extraits quatre canaux reproduits sur quatre enceintes réparties dans la salle de manière à produire un effet de spatialisation clairement perceptible.

Les nouveautés les plus importantes nous ont paru provenir de Cabasse : un syntoniseur avec de bonnes spécifications et un préamplificateur dont les entrées sont non seulement commutables - par des boutons-poussoirs rangés en ligne dans la partie inférieure de la façade - mais aussi réglables en niveau, avec la possibilité de les mixer les unes avec les autres. Dans le secteur des enceintes acoustiques, Cabasse a présenté les modèles Galion 45330 et Ouragan 2VT, qui tous deux incorporent des filtres actifs et les amplificateurs de puissance. Les haut-parleurs semblent être l’un des grands atouts de l’industrie française de la haute fidélité. En tout cas, ce constat s'impose au vu des haut-parleurs de toutes les formes (les Français sont très inventifs de ce point de vue) et de toutes les couleurs (y compris de couleurs sonores) qui pouvaient être vus et entendus. Les productions de trois fabricants méritent d'être mentionnées : les enceintes d'Elipson, de EMI/Rich et d'Audiotec, ce dernier proposant également de très bons appareils électroniques.

Dans l’ensemble, le salon hi-fi de Paris demeure l'une des expositions la plus colorée, vivante, instructive et intéressante de cette branche industrielle en Europe.

Légende des illustrations : La hi-fi à Paris sous le signe de la mode : en haut l'amplificateur Esart Ten, à gauche une enceinte Scientelec et en bas un "Ensemble" du même constructeur.

Traduit de l'allemand par Scytales.