La Géode

De Forum Cabasse
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Description

L'histoire du lieu

"Inaugurée en 1985, après deux ans de construction, la Géode représente encore aujourd’hui une prouesse architecturale. UN BÂTIMENT ORIGINAL Conçue et réalisée par Adrien Fainsilber la Géode est une sphère géodésique et miroitante de 36 mètres de diamètre, soit la hauteur d’un immeuble de 12 étages. Elle est couverte de 6 433 triangles d’acier d’un mètre vingt de côté, qui reflètent son environnement immédiat. Les architectes ont imaginé et dessiné cette sphère parfaite à l’image des géodes, ces pierres tapissées de cristaux dans leur partie intérieure. DES EXPLOITS TECHNIQUES La Géode est dotée d’un pilier central en béton armé. Grâce à sa structure arborescente, il supporte à lui seul 5 000 tonnes de charge dont les gradins et tous les locaux techniques. Par ailleurs la trame de la structure géodésique est formé par 2 580 barres en tubes d’acier forment. Au-dessus : 6 433 triangles préformés, en acier inoxydable poli, assemblés au 1/10e de millimètre près et fixés indépendamment les uns des autres, quatre par quatre. Pourquoi ? Pour qu’aucun triangle ne se touche et que chacun puisse se dilater sous l’effet des variations de température ! En même temps cette « peau » en acier poli donne à la Géode un aspect miroir dans lequel se reflète tout ce qui l’entoure."

Site officiel de La Géode


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"Inaugurée en 1985 la Géode a été la première salle en France a être équipée du système de projection Omnimax. Développé au Canada, ce procédé qui permet d'obtenir une image sur 180° bénéficie d'une large implantation au niveau mondial, tout particulièrement au Japon et au États Unis, puisque ces deux pays totalisent à eux seuls plus d'une vingtaine de salles. Mais la Géode de la Cité des Sciences et de l'Industrie, outre son architecture, possède une autre atout dans son jeu : un système de sonorisation unique en son genre."

Maxime et Florian Louineau, extrait de La nouvelle REVUE DU SON N°185, MARS 1995


"Après avoir équipé La Géode à sa naissance il y a 25 ans, Cabasse relifte la qualité acoustique de ce lieu unique, symbole de performance technologique par excellence. Cabasse, société française de haute fidélité à dimension internationale, a renouvelé l’installation sonore de la Géode, l’une des plus belles salles de cinéma européennes. Le nouveau dispositif se compose de 12 enceintes en quadri amplification active, tout comme « La Sphère » dont le haut-parleur de 55cm équipe chacune de ces enceintes, ainsi que les 6 infra-subwoofers de la Géode (36 haut-parleurs de 55cm). Ce qui représente un système audio multicanal immersif 12.6 doté de 108 haut-parleurs haut-rendement filtrés numériquement et alimentés par plus de 40 000 Watts d’amplification. Une prouesse technique qui aura largement résisté à l’épreuve du temps, puisque lors du démontage des haut-parleurs originaux, certains d’entre eux sont apparus comme neufs après 25 années d’utilisation intensive, soit près de 100 000 séances !"

Site officiel de La Géode, le 03/12/2012

Le système-son OMNIMAX de la Géode

"Le format IMAX est un format pour les grandes salles de cinéma, il utilise la configuration cinéma 5.1, à laquelle on ajoute un canal de hauteur H, intégré au plafond généralement dans le frontal et un canal arrière pour le 7.1 IMAX. La Géode est équipée en OMNIMAX avec un format 12.4 élaboré par la société Cabasse, il rajoute des enceintes au-dessus et en dessous des spectateurs."

Bergame Périaux, Jean-Luc Ohl, Patrick Thévenot, Le Son multicanal, édition Dunod, 2015, page 30

Documents

Grand merci à Falbala et à Franki

Plaquettes officielles

La Géode et le son

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Haute fidélité en sonorisation - "Dôme nid d'abeilles"

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Presse

Stereoplay n° 3 - Mars 1985 (Allemagne de l'ouest)

Le document présenté ci-dessous est un extrait tiré à part sous une couverture originale d'un article paru dans le numéro de mars 1985 du magazine alors ouest-allemand Stereoplay. Cet article comporte un reportage consacré à la réalisation du système-son de la Géode, qui a fait la une du numéro vendu en kiosque, et une interview de Georges Cabasse réalisée par Karl Breh, le rédacteur en chef de la revue. Ce reportage était une exclusivité, puisque l'auteur de l'article précise que le chantier de la Géode était interdit à la presse et que les photographies d'illustration ont dû être prises par Georges Cabasse lui-même !

Ce reportage et cette interview sont intégralement traduits en français à la suite des documents originaux.

Documents originaux

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Traduction
Article et illustrations

Titre de couverture : Reportage exclusif : 21 000 watts pour Cabasse

Titre de l'article : Tout tourne rond

Texte de l'article : En France, on est en train d'ériger à l'audiovisuel un monument de tous les superlatifs. Étant donné que la presse et même l’organisation nationale de la radio n’ont pas été autorisées à pénétrer sur le chantier, Georges Cabasse s’est lui-même livré à l’exercice de prendre des photos pour Stereoplay.

Avec ses 35 hectares, le Parc de La Villette, situé au nord de Paris, offrait suffisamment d'espace pour implanter un centre urbain consacré à l'éducation, au divertissement, au sport et aux loisirs. À côté du musée national des sciences, des techniques et de l'industrie, se dresse un globe d'aluminium poli consacré à l'image.

La Géode est raccordée au complexe du musée par des galeries couvertes et comporte à l’intérieur un écran hémisphérique de 26 mètres de diamètre incurvé sur toute sa surface, face à des places assises en gradins pouvant accueillir 350 personnes.

La projection de films sur tout l'hémisphère au moyen du procédé canadien Omnimax offre aux spectateurs une image tridimensionnelle. La Géode comporte en outre un système sonore multicanale contrôlé par ordinateur pour gérer la balance, la direction apparente des sources sonores, les effets et leur synchronisation avec les mouvements des sujets projetés sur l'écran.

L'équipement électroacoustique a été réalisé par la firme qui est aussi la créatrice de celle qui est pour Stereoplay l'enceinte acoustique active de référence : l'Albatros. On pourra bientôt entendre ce que Georges Cabasse et ses collaborateurs ont installé : six enceintes pavillonnées d'extrême-grave avec deux haut-parleurs chacune et douze enceintes satellites avec huit haut-parleurs chacune. Très exactement 84 amplificateurs de puissance sont nécessaires pour faire fonctionner ces volumineuses enceintes ; ensemble, ils cumulent une puissance de sortie de 21 000 watts. Les enceintes d'extrême-grave sont capables de produire à la fréquence de 20 Hz (!) une pression acoustique de 110 dB à 1 mètre.

Il est envisagé une installation similaire à Hambourg. Nous sommes curieux de savoir de quelle manière la stéréophonie y sera réalisée.


Légende des illustrations (de haut en bas et de gauche à droite) :

1. Revêtue de sa pittoresque peau d'aluminium, la Géode, reliée par des passerelles au gigantesque musée de la culture, domine tout le chantier de construction. Les poutres porteuses sont également en aluminium. Un écran de projection trans-sonore habille tout l'hémisphère supérieur. Derrière cet écran, se cachent les enceintes acoustiques Cabasse, qui sont à elles seules des monuments.

2. Dans chacune des six enceintes d'extrême-grave de la Géode pourraient se loger 468 enceintes Galiote. Georges Cabasse [en photo de casque de chantier, NdT].

Interview de Georges Cabasse

Citation de Georges Cabasse en exergue :

"L'Albatros incarne ma passion."

Introduction :

Dans une interview avec Breh, le rédacteur en chef de Stereoplay, l’entrepreneur Cabasse exhorte ses homologues européens à se soucier des robots japonais.

L'interview :

Stereoplay : Peu de fabricants d'enceintes acoustiques utilisent l'argument que leurs produits sont prêts pour le numérique. Que voulez-vous dire par là ?

Georges Cabasse : Nous avons toujours comparé nos enceintes à la musique vivante. Même la musique enregistrée numériquement ne peut pas être meilleure que l'original. Cela veut dire que nous avons déjà une bonne marge de sécurité. Au millieu des années 50, nous avions déjà enregistré un grand orchestre placé sous la direction de Paul Kuentz. Le hasard a voulu que Paul Kuentz soit devenu le directeur de l'école nationale de musique de Brest, de sorte que nous pouvons maintenant enregistrer ses concerts à des fins de comparaison.

S : Quelle est la taille de l'entreprise Cabasse ?

GC : En 1950, ma femme et moi avons commencé tout seul. Jusqu'en 1955, notre production était réalisée de manière entièrement artisanale. Puis vint le CinemaScope, avec bande-son sur quatre pistes magnétiques, pour lequel nous avons développé des enceintes de haute fidélité construites selon des méthodes semi-industrielles. En 1974, notre effectif atteignait 250 employés. Mais un incendie a détruit notre usine de fabrication, ce qui nous a contraint à renoncer à l'exportation et à nous concentrer sur le marché français. Nous comptons actuellement 160 employés répartis sur nos implantations de Brest, Glageon, Jeumont et Paris.

S : Combien d'entre eux sont affectés à la recherche et au développement ?

GC : Dix personnes au total. A Brest, un ingénieur dirige la recherche fondamentale et deux autres la recherche et le développement. Il y a aussi des techniciens.

S : Fabriquez-vous vous-mêmes les ébénisteries de vos enceintes ?

GC : Jusqu'à l'incendie, nous réalisions toutes les ébénisteries. Aujourd'hui, nous ne fabriquons plus que les séries spéciales et les préséries. Lorsque les quantités à produire sont importantes, nous recourrons à la sous-traitance.

S : Et qu'en est-il des haut-parleurs ?

GC : Nous les réalisons tous nous-mêmes. Pour certains types d'enceintes, nous recourrons encore à des membranes fabriquées par Kurt Müller, à Krefeld [à l'époque en Allemagne de l'Ouest, NdT], mais toutes les autres sont fabriquées par Cabasse.

S : Cabasse produit-il également des enceintes économiques ? Sous d'autres marques ?

GC : Non. Pas du tout. Notre modèle le moins cher coûte, sur le marché français, l'équivalent de 700 DM et notre modèle le plus coûteux, l'Albatros, plus de 25 000 DM pièce.

S : Dans quel segment de prix réalisez-vous principalement vos ventes ?

GC : Avec des enceintes qui coûtent environ 1 400 marks pièce.

S : Quels sont vos principaux marché d'exportation ?

GC : En volume de ventes, il s'agit du marché allemand. En terme de chiffre d'affaire rapporté à la population, il s'agit de la Suisse. En ce qui concerne l'exportation vers d'autres pays, notamment les États-Unis d'Amérique, nous sommes sur le point de la mettre de nouveau sur pied.

S : Monsieur Cabasse [en français dans le texte, NdT], quelle est votre position, en tant qu'entrepreneur privé, sur le rachat d'entreprises allemandes d'électronique par le conglomérat public français Thomson-Brandt ?

GC : Au risque de passer pour un mauvais Français, je dois dire qu'à mon avis, une entreprise étatisée ne devrait pas avoir le droit d'acheter des firmes industrielles dans un autre pays. C'est en fin de compte le contribuable français qui paie la facture. À ce compte-là, le gouvernement allemand pourrait tout aussi bien acheter par exemple l'entreprise Renault. Je suis favorable au respect des règles de l'économie de marché et c'est précisément ce qui est cassé par les entreprises d’État subventionnées.

S : De quelle manière Cabasse fabrique-t-il ses différents modèles d'enceintes acoustiques ?

GC : En règle générale, nous fabriquons toujours nos différents modèles par série de 1 000 unités.

S : De même pour les Albatros ?

GC : Oh ! mon Dieu ! Nous les fabriquons par série de 100 dans des conditions de laboratoire. Mais c'est tout de même un produit démentiel, pour lequel toutes les pièces jusqu'au plus petit transistor sont triées. Malgré le coût que cela représente, nous le faisons pour chaque Albatros que nous vendons. C'est mon hobby, l'incarnation de ma passion pour la perfection, un produit de prestige qui, d'un point de vue commercial, est complètement fou.

S : Vous vous êtes vous-même décrit un jour comme un Européen convaincu. Avez-vous changé d'avis entre-temps compte tenu de l'évolution plutôt déprimante de l'idéal européen ?

GC : Pas le moins du monde. Aujourd'hui comme hier, je suis convaincu qu'il nous faut bâtir les États-Unis d'Europe, sinon l'Europe perdra son indépendance. Je rentre tout juste du Japon. J'y ai visité une usine déserte, dans laquelle des robots produisaient entièrement quoi, d'après vous ? D'autres robots, évidemment ! Qu'un outil casse et un robot de transport se présente et le remplace par un neuf en quelques secondes. Pour que les assistants mobiles ne mettent pas en danger les quelques personnes présentes, chaque robot émet son propre indicatif sonore. Non : quand on compare ces méthodes de production avec celles qui ont encore cours en Europe, il est parfaitement clair que les États européens industrialisés doivent unir leurs forces pour que leur savoir-faire et leurs techniques de production ne soient pas complètement dépassés.

S : Utilisez-vous déjà des robots ?

GC : Eh bien, oui. Au stade du contrôle-qualité. Chaque enceinte Cabasse passe par une chambre anéchoïque dans laquelle un robot de mesure procède à l'analyse de l'enceinte afin d'en détecter les défauts, les analyser et identifier leurs causes. Pour couper court aux tergiversations, le robot refuse purement et simplement de stocker le numéro de série de l'enceinte défectueuse sur la disquette correspondante. Mais nous avons aussi des robots destinés à la fabrication de nos membranes en dôme en nid d'abeilles ; nous les avons conçus nous-mêmes et même les Soviétiques s'y sont beaucoup intéressés.

S : Les programmes informatiques de contrôle de ces robots n'ont-ils pas été volés lors d'un cambriolage l'année dernière ?

GC : C'est exact. Et la tournure prise par les événements est allée de l'étrange au grotesque lorsque les services de contre-espionnage français ont été saisis de l'affaire. Des traces des programmes ont fait surface à Taïwan, mais les autorités ont également cherché dans des lieux beaucoup moins éloignés, dans notre propre pays, dans la mesure où il s'est avéré que ce mode de fabrication convient également très bien à la production de matériaux absorbant les ondes radars.

S : Il y a donc assez peu de suspects ?

GC : Non, toutefois l’entreprise suspectée aurait pu obtenir ce savoir-faire gratuitement par voie officielle. Pourquoi aurait-elle organisé un cambriolage spectaculaire ? De toute façon, les cambrioleurs n’ont pas pu se satisfaire de ces programmes, parce qu’ils sont basés sur un langage de programmation que nous avons nous-mêmes mis au point. En fait, je voudrais adapter les programmes au système IBM, plus flexible. Désormais, je m'entends dire par mes collaborateurs : "Monsieur Cabasse [en français dans le texte, NdT], comment vous sentiriez-vous maintenant si nous avions modifié les programmes avant le cambriolage ?" Et ils ont bien raison !

Traduit de l'allemand par Scytales.

La Nouvelle Revue du Son - Novembre 1993 (à confirmer)

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La Nouvelle Revue du Son n° 185 - Mars 1995

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