L'âme de Cabasse : la Live Music

De Forum Cabasse
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"... la seule méthode, la moins subjective possible : comparer instantanément la musique et sa reproduction. Ce concept, je l'ai ensuite inculqué à mes techniciens et ingénieurs. On n'en a jamais dévié..." (Georges Cabasse, extrait de son interview publiée dans L'Audiophile n°11, juillet 1990, page 152).

Présentation de la Live Music

Historique

La Live-Music, encore appelée parfois "test de musique comparée" ou "essai-vérité" par Cabasse, consiste à comparer en alternance un objet sonore quelconque avec son enregistrement, au moyen d'une méthode de prise de son normalisée, reproduit sur place par des enceintes.

La méthode de prise de son retenue par Cabasse a été déterminée au moyen d'essais menés en direct pour comparer le fameux orchestre de jazz de Claude Bolling et la reproduction de l'enregistrement de cet orchestre capté en stéréophonie sur deux canaux. Cette expérience a été menée dans les années 50 à l'aide d'un enregistreur Ampex à huit pistes magnétiques. Georges Cabasse a pu disposer gracieusement de cet appareil, très rare et inabordable à l'époque, grâce à son amitié avec Niels Grǿn, l'importateur en France des microphones Schœps et des magnétophones Ampex. Cabasse s'était en effet vu confier le soin de régler les magnétophones Ampex et pouvait en disposer comme bon lui semblait. Ce matériel a permis de procéder à l'enregistrement simultané de quatre prises stéréophoniques réalisées avec quatre méthodes de prise de son différant notamment par la position des microphones, tous pris dans la gamme de Schœps.

Jusqu'à la retraite de Georges Cabasse, son fondateur, l'entreprise a toujours insisté sur le caractère indispensable de cette méthode d'évaluation pour juger de la fidélité d'un dispositif de reproduction sonore, comme en témoigne la réponse à la dernière des 20 questions pour une enceinte Haute Fidélité (1994). Cette méthode d'évaluation a également été utilisée par Cabasse dans ses premières expérimentations de prise de son multicanale à la fin des années 50, puis à l'époque de la quadriphonie dans les années 70 et enfin pour la mise au point de la pentaphonie dans les années 90.

Cabasse n'a pas été le seul à s'intéresser à cette méthode d'évaluation. Le terme "essai-vérité" semble emprunté à Eric de Lamare, chef de laboratoire de l'O.R.T.F. (Office de Radiodiffusion-Télévision Française) dans les années 60 et 70, puis ingénieur en chef à TéléDiffusion de France (aujourd'hui TDF) et chef du département Image et son à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications (aujourd'hui Télécom Paris), auteur de l'article sous l'entrée "Electro-acoustique" dans l'Encyclopaedia Universalis. E. de Lamare a forgé ce terme d'essai-vérité dans un article intitulé Infidélité et haute fidélité des haut-parleurs paru en 1967 dans la Revue technique de radiodiffusion et de télévision (volume 2, n° 2) et le texte d'une conférence prononcée aux Journées d'études du Xème Festival international du son et publié aux éditions Chiron sous le titre Essais subjectifs et mesures objectives sur les haut-parleurs. Une version remaniée et complétée du texte de cette conférence a été publiée en trois parties dans l'édition Haute-Fidélité de la revue Le Haut-Parleur en 1973 et en 1974. Dans ces articles, E. de Lamare expose en détail la méthodologie de cet "essai-vérité" et les défis à surmonter pour y procéder, ainsi que les obstacles techniques à la mise en oeuvre de ces tests (obstacles largement contingents aux techniques disponibles à l'époque, mais aussi aux caractéristiques des sources sonores auxquelles les haut-parleurs sont confrontés).

Grand merci à M. Philippe Muller, ancien chef de produits Cabasse de 1982 à 1997, pour ses renseignements.

Plaquette de présentation par Cabasse

Grand merci à frederic75

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La Live Music en "live"

La démonstration de Georges Cabasse à l'AFDERS en 1978

Présentation de la démonstration

Le document ci-dessous reproduit constitue un témoignage assez extraordinaire. Il relate une démonstration publique de Live Music menée par Georges Cabasse en personne à l'occasion d'une manifestation organisée par l'AFDERS (Association Française pour le Développement de l'Enregistrement et de la Reproduction Sonores).

L'expérience a consisté à enregistrer en public la musique interprétée par un pianiste, puis à reproduire cet enregistrement en alternance avec des passages rejoués par le même pianiste, dans le même local et devant le même public. Le défi : rendre le public incapable de repérer à l'oreille les transitions entre la musique en direct et la reproduction de l'enregistrement diffusée par des enceintes acoustiques.

Cet événement démontre que Georges Cabasse n'était pas qu'un capitaine d'industrie, mais qu'il était aussi capable de "mettre la main à la pâte". À cette occasion, Georges Cabasse a en effet procédé lui-même et en direct à la mise en place du dispositif de prise de son et à l'enregistrement sur bande magnétique, ainsi qu'à la mise en place et au réglage du dispositif de reproduction. Nous laissons au lecteur le soin de juger de la compétence et de la dextérité dont Georges Cabasse fit preuve à cette occasion à la lumière du contenu de l'article et notamment sa conclusion.

Toutefois, il apparaît utile de souligner quelques enseignements qui peuvent être tirés de ce texte édifiant.

Le premier enseignement est l'importance accordée par Georges Cabasse à la capacité des haut-parleurs, en lien avec une puissance d'amplification suffisante, à reproduire les niveaux de crêtes des signaux transitoires émis par les instruments de musique. Cette considération fait échos aux relevés de niveau sonore de crête de certains instruments mécaniques ou électromécaniques mesurés par E. de Lamare et publiés dans les articles cités supra (1.1 §4).

Le deuxième enseignement est la méthodologie de la prise de son : deux microphones omnidirectionnels, aussi linéaires que possible, largement écartés l'un de l'autre (huit mètres !). Cette méthode de captation en stéréophonie sur deux canaux évoque celle qui a été popularisée aux États-Unis par le grand Emory Cook dans les années 40 et 50.

Le troisième enseignement est le soin et la méticulosité toute particulière avec lesquels le dispositif de reproduction a été mis en place, notamment le fastidieux processus pour aligner aussi parfaitement que possible le niveau sonore émis par le piano avec celui émis par les enceintes diffusant l'enregistrement de ce piano et l'ajustement de la hauteur des enceintes acoustiques.

Il est possible de tirer en creux des trois précédents un quatrième enseignement, qui intéressera plus particulièrement le hifiste soucieux de résoudre les problèmes de qualité sonore auxquels il est confronté : en 1978 déjà, la qualité de l'électronique n'est plus un sujet déterminant pour obtenir une reproduction fidèle, laquelle repose bien plus sur la qualité des transducteurs (microphones, enceintes acoustiques) et plus encore sur la méthodologie de prise de son et de reproduction et la perfection de l'installation des équipements de diffusion du son dans la pièce d'écoute.

Les équipements Cabasse ayant servi à l'expérience et que l'on peut identifier grâce au contenu du texte ou sur les photographies d'illustration sont les suivant : une régie utilisée en préamplificateur de microphone pour la captation et en préamplificateur de ligne pour la reproduction, les enceintes acoustiques passives Brick 235 et Sampan 311, et l'enceinte active Brigantin 3VTA qui sera finalement retenue pour procéder à l'expérience de musique comparée.

Hifi Magazine n° 60, mars 1978

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La Live Music aux Journées de la Haute Fidélité de 1989

Présentation de la démonstration

La démonstration organisée par Cabasse lors des Journées de la Haute Fidélité d'avril 1989 à Paris a pris place dans l'hôtel Sofitel. Elle a été présentée par Georges Cabasse, François Bellec, chef de laboratoire, et Philippe Muller, chef de produits.

L'ensemble musical qui a été enregistré et reproduit sur place était composé d'un piano, d'un hautbois et d'un violoncelle.

Les enceintes acoustiques qui ont été utilisées pour les démonstration sont notamment la Colonne 135 et l'Albatros VI.

AFDERS Confidences n° 19, mai 1989

Fronts d'onde et vérité d'écoute : une démonstration de la société Cabasse
Cet article, qui comporte un descriptif détaillé de l'expérience, est accessible en consultation gratuite dans les archives en ligne de la publication bimestrielle de l'AFDERS, AFDERS Confidences, en page 15 du n° 19 : cliquez ici !
Compte-rendu du salon
Le texte ci-dessous est extrait d'un compte-rendu des Journées de la Haute Fidélité de Paris de 1989 paru dans la publication bimestrielle de l'AFDERS, AFDERS Confidence, en page 4 du n° 19 : cliquez ici !.

Cabasse aussi confirme de manière éclatante son nouveau savoir-faire. Les colonnes 135 (vous devinez leur forme) sont des 4 voies à 5 HP. Deux de 21 cm dans une charge semblable au caisson Etna (donc ouverte) pour le grave, un 17 cm et les dômes de 5,5 et 2,5 cm. Cabasse faisait appel comme souvent à un ensemble de musiciens enregistrés en direct devant les auditeurs. Le trio piano, hautbois, violoncelle jouait ensuite en alternance avec l’enregistrement numérique réalisé précédemment. Le public, abusé par les musiciens qui simulaient l’exécution du morceau choisi, avait bien des difficultés à déterminer qui du magnétophone ou des musiciens jouaient réellement. Des extraits de CD concluaient la démonstration. La colonne 135 s'est révélée être un modèle d'équilibre. Dans la lignée des colonnes 100 et 116, on semble avoir atteint le summum des enceintes passives chez Cabasse. Des plans parfaitement étagés, une dynamique dans tous les registres sans agressivité, la recette est bonne.

La Live Music au Salon du Son de 1996

Présentation de la démonstration

Les photographies ci-dessous ont été prises lors du Salon Hifi 1996 au Palais des Congrès de Paris. La démonstration de Cabasse a pris place dans l'amphithéâtre Havane, d'une jauge de 373 places. L'acoustique de la salle a été traitée par des ouvriers de Cabasse deux jours avant l'ouverture du Festival.

L'ensemble musical est formé du compositeur Thierry Machuel (pensionnaire de la Villa Medicis puis de la Casa Velazquez) au piano (Fazioli), de Pascal Lelièvre au hautbois et de Sébastien Quezada aux percussions.

Cette formation a été enregistrée sur place au moyen de deux microphones omnidirectionnels Schœps. Le préamplificateur de microphone a été conçu en interne par François Bellec, chef du laboratoire Cabasse, et François Foricher, son bras droit. Les liaisons microphones sont totalement asymétriques malgré la longueur des câbles (50 mètres).

Les enceintes acoustiques en démonstration sont des Farella 400 alimentées par des amplificateurs monoraux AM1000 Série C.

Illustration extraite de l'article intitulé Cabasse, le savoir-faire acoustique made in France, Philippe Viboud, Diapason, hors série n° 14 :

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Grand merci à M. Philippe Muller, ancien chef de produits Cabasse de 1982 à 1996, pour ses renseignements.

Programme officiel

Grand merci à frederic75

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Compte-rendu de presse

Magazyn Hi-Fi (Pologne)
Le texte ci-dessous est une traduction automatique retravaillée d'une partie du texte original du compte-rendu du Salon du Son de Paris de 1996 paru dans le magazine polonais Magazyn Hi-Fi.

J'ai été stupéfait de l'exposition de cette année, qui était très similaire à celle d'il y a un an. La grande majorité des entreprises étaient les mêmes et elles ont aussi loué les mêmes espaces d'exposition. Exactement au même emplacement qu'en 1995, ont trouvait, par exemple, les sociétés : JMlab, Cabasse, Teac, KEF, etc. En fait, les visiteurs habitués pourraient se déplacer sans guide. Au début, une telle similarité suggérait que nous nous ennuierions. Heureusement, l'événement ne se résumait pas à une exposition statique, mais il permettait aussi d'écouter de nouveaux produits et de dialoguer avec les exposants.

[...]

Le concert de Cabasse

La société Cabasse a de nouveau loué un immense espace d'exposition et une salle de conférence pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes pour faire la démonstration de sa gamme d'enceintes acoustiques. Les enceintes ont fréquemment été changées. Encore une fois, j'ai eu l'occasion d'écouter l'Atlantis de 400 000 FrF. Le concert en Live Music était un événement intéressant. Trois musiciens ont joué sur scène (piano, batterie, plusieurs instruments à vent, dont le hautbois). Dans la première partie du concert (très sérieux), deux microphones ont été placés à l'endroit où se trouvaient généralement les enceintes. Le concert de plusieurs dizaines de minutes a été enregistré sur DAT. Dans la deuxième partie (illustration), deux enceintes deux voies Farella ont été disposées à la place des microphones. Les musiciens ont interprété des morceaux alternativement avec le son du DAT diffusé par les Farella. Au cours de ce concert, il y aurait eu 21 transitions entre musique live et musique enregistrée. Je dois admettre que la Farella s'est extrêmement bien débrouillée. Dans les premières minutes, je devais simplement regarder quand les musiciens jouent réellement et quand ils font semblant. À la fin, le concert a pris la forme d'une blague musicale. Les musiciens ont donné un coup de pied aux Farella pour qu’elles cessent de les déranger !

Témoignages et anecdotes

M. Bernard Neveu nous a aimablement fait part de ses souvenirs à propos de la Live Music. Bernard Neveu est preneur de son et compagnon de route de G. Cabasse depuis la fin des années 50. Il est le réalisateur des prises de son utilisées lors des démonstrations Cabasse aux différents Salons du Son auxquels il a participé jusqu'en 1995. Il a fondé les labels BNL et Syrius.

"Quant aux comparaisons avec le direct, j’en ai une bien bonne : milieu des années 50, Maison de la Chimie à Paris, salle comble ; sur la scène un orchestre big band (Claude Bolling je crois). Le concert se déroule, les musiciens jouent plusieurs pièces puis tout d’un coup, en plein milieu de l’une d’entre elles, les musiciens posent leurs instruments et lisent le journal. Quelques «oh» et «ah» mais aucun commentaire ni aucune explication. Dans les jours suivants, la presse fait l’éloge de la démonstration non sans faire gentiment remarquer qu’effectivement on avait noté quelques différences de son lorsque l’orchestre avait fait place aux haut-parleurs... : l’orchestre n’avait jamais joué mais seulement fait semblant !!! Sortez les mouchoirs.

Je me souviens d’une démo dans une grande salle de concert de Brest où j’ai été moi-même pris à mon propre piège ; ayant quitté un moment la partition des yeux, j’étais complètement paumé. Georges se tordait de rire. Non, ces démonstrations ne sont pas des séances d’illusionnistes." (Bernard Neveu, lors d'une discussion au sujet des séances de Live Music, juillet 2017).

Source : oso

Voir également : le témoignage de Bernard Neveu sur les expériences de Georges Cabasse sur la prise de son multicanale.

La Live Music dans le matériel promotionnel de Cabasse

Cabasse a mis en avant la méthode d'évaluation par musique comparée dans certaines de ses publicités, comme on peut en juger ci-dessous.

  • Publicité de janvier 1974 parue dans l'édition haute fidélité de la revue le Haut-Parleur (n° 1398) :

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  • Publicité de 1975 :

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  • Publicité de 1977 :

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  • Publicité des années 80 :

Enceintes et digital :

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  • Publicité des années 90 :

La "Chronique d'une vérité" :

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