Cabasse : quelques fragments de son histoire

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Cet article est une compilation de plusieurs articles et informations disponibles sur le WEB.



Quelques dates

1740 : Mirecourt, dans les Vosges. Un artisan luthier crée le premier violon signé Cabasse. C'est le début d'une longue tradition de recherche de la perfection sonore.

1947 : Le jeune Georges Cabasse, passionné de musique et de cinéma fréquente avec assiduité la salle Gaveau et devient l'assistant du metteur en scène René Clair.

1950 : Création de la société

1952 : Georges Cabasse développe les premières enceintes acoustiques en Europe pour le son Cinémascope multicanal et équipe le Grand Rex à Paris.

1958 : Première enceinte active multi-amplifiée

1959 : Construction de l'usine de Brest

1960 : Construction d'une chambre sourde (2000 m3)

1974 : HP médium et aigu à dôme rigide. Incendie de l'usine de Brest

1975 : Première enceinte active avec double asservissement

1980 : HP de grave à dôme rigide "nid d'abeille"

1983 : Cambriolage des usines, pour percer le secret de fabrication des membranes en "nid d'abeille"

1986 : Inauguration de La Géode, seule salle Omnimax 12 canaux au monde. Elle est depuis lors équipée de clusters 4 voies et de filtres actifs spécifiquement développés par l'équipe Cabasse.

1992 : Présentation des premiers haut-parleurs S.C.S. : BC12 et TC21

1994 : Le respect des timbres et de la phase, la stabilité et la profondeur d'image propres aux haut-parleurs coaxiaux de la gamme SCS séduisent les meilleurs professionnels du son stéréo et multicanal (TF1, France 2, France 3, Canal +).

1997 : Nouvelle génération de Tweeter large bande : Dom30 et Dom40

2002 : Nouvel haut-parleur Tri-Axial, le TC22

2003 : Cabasse s'installe dans de nouveaux locaux, sur le technopôle de Brest-Iroise. Nouvelle chambre sourde (la dernière datant de 1960). Modernisation du site de production de bois à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier).

2006 : Une quatrième voie est ajoutée au haut parleur tri-axial : le QC55 est lancé. Lancement de La Sphère, en mai 2006. Le 26 septembre, le groupe japonais Canon annonce le rachat de Cabasse.

2014 : Le 15 septembre, la société française Awox annonce le rachat de Cabasse à Canon.

Cabasse : le parcours d'un pionnier

Article paru dans la Nouvelle Revue du Son, numéro 201, octobre 96 dans le dossier sur la Haute-Fidélité en France



Monstre sacré de l'acoustique française, la firme Cabasse est reconnue dans le monde entier pour ses haut-parleurs et développement en éléctroacoustique. Chercheur infatigable, M. Georges Cabasse a mis l'accent, dès la création de la société en 1950, sur la R&D, ainsi que sur le professionalisme de sa production permettant d'assoir une image de marque basée sur des produits fiables et performants. Depuis 47 ans, Cabasse garantit ses haut-parleurs à vie !


La première semaine de la haute-fidélité...

Le premier atelier de fabrication, situé à Neuilly, fabriqua des hauts-parleurs, en particulier le "Diphone". Ce coaxial de 36 cm (12,5 cm pour l'aigu) fut utilisé pour sonoriser le Rex à Paris, première salle française à être équipée en cinémascope.


Cabasse fut aussi un des exposants de la première semaine consacrée à la haute fiélité qui eut lieu du 31 mars au 4 avril 1957, avenue d'Iéna, sous l'égide de la Revue du Son et de la Radiodiffusion Télévision française. Neuf exposants (Pathé-Marconi, Philips, Teppaz, Ducretet-Thomson, Avialex, Filson, Gaillard, Film & Radio et Cabasse) se partagèrent des démonstrations très "Audiophile" avec présentation du matériel et des conférences. Dans la grande salle de 400 places (réservée aux plus de 10 W !) Cabasse utilisa un lecteur Clément avec un pré-amplificateur et un amplificateur 25 W de sa fabrication sur un schéma de P.Loyez suivi de quatre haut-parleurs.


C'est en 1959 que Cabasse installe son usine à Brest où il construira en 1960 une des plus grandes chambres anéchoique du monde avec celle de Siemens (2000m3). Les années 60 verront la naissance de produits devenus mythiques comme les séries "Dinghy" en deux voies et "Sampan" en trois voies. Ces enceintes, utilisant une charge labyrinthe à évent freiné, étaient caractérisées par une réponse en fréquences très linéaire et une courbe de directivité régulière. En 1966, la Cabasse Dinghy 2 VT est présentée par la presse comme une révolution par le fait de l'intégration d'un filtre actif et de deux amplificateurs de puissance dans l'ébénisterie, sous le même volume que l'enceinte classique. Selon les versions, les électroniques transistorisées (silicium épitaxiaux) offraient entre 2x10 W et 2x20 W en couplage DC. Le filtre actif était ajustable en bande, phase et amplitude. Sans pouvoir citer les innombrables modèles développés, certains marquèrent de leur empreinte le monde de la Hi-Fi, comme les "Galion" ou les "Brigantin".


L'innovation technologique et les nombreuses productions spéciales permirent à Cabasse de prétendre aux marchés professionnels auxquels l'entreprise a toujours accordé beaucoup d'importance. Sa proximité géographique avec l'océan amena naturellement les bureaux de recherche à une collaboration avec la marine nationale sur des équipements de ponts ou des haut-parleurs sous-marins. Cabasse sonorise d'ailleurs le nouveau porte-avion nucléaire Charles de Gaulle avec des HP capables de couvrir le bruit des réacteurs des chasseurs bombardiers !

Expansion des années 70-80

Aprés un premier déménagement des locaux parisiens, une nouvelle unité de fabrication ACOA (Acoustique Appliquée) et construite en 1974 à Jeumont dans le Nord. C'est aussi cette même année que l'usine de Brest est ravagée par un incendie, mais la production est immédiatement transférée dans une usine-relais.

Les recherches acoustiques continuent avec le dôme rigide appliqué aux transducteurs de médium-aigu en 1974 et la première enceinte active avec le double asservissement en 1975. En 1980, le dôme rigide peut être appliqué aux haut-parleurs de bas-médium et de grave grâce à l'emploi de la structure "Nid d'Abeille".

L'achat d'une troisième usine à Glageon, spécialisée dans la fabrication des haut-parleurs et le montage des enceintes, intervient en 1982.

En parallèle à l'acquisition d'un immeuble à Gennevilliers destiné aux services commerciaux et au stockage pour les livraisons en Région Parisienne (surface 1900 m2 et d'une extension sur 8000 m2 des bureaux de Brest, de nouveaux moyens de mesures complémentaires sont mis en place, tels des chambres claires et semi-réverbérantes ainsi qu'une salle de démonstration.

Dans le même temps, une nouvelle structure de membrane est mise au point en 1986 : la mousse alvéolaire. En 1989 il y eut un regroupement des usines de Jeumont et de Glageon : la surface disponible dans l'usine de Glageon (1000m2 au sol) permit des économies d'échelle et une rationalisation de la production.

La nouvelle unité de production des enceintes en bois s'installe en 1992 à Tronçais sur 90000 m2.

Cabasse : un demi-siècle de haute fidélité

Article paru dans SonVidéo Magazine N°281 - octobre/novembre 1998, propos recueillis par G. STENFORT



C'est au début des années 50 que Cabasse a débuté son activité à Neuilly sur Marne par la réalisation et la fabrication de haut-parleurs à haut rendement et haute intelligibilité. Ceux-ci, avec l'avènement du CinémaScope, se révéleront bientôt nécessaires pour offrir aux salles de cinéma toutes les qualités sonores qu'elles demandaient.

Avec les premières chaînes haute-fidélité domestiques dans les années 60, l'industrie du haut-parleur a été littéralement dopée et la famille Cabasse décida alors de construire sa première usine de production, à Brest. Cela permit ainsi l'édification de la plus grande chambre sourde d'Europe dédiée à la Hi-fi et l'obtention de mesures reproductibles même dans le grave (jusqu'à 16 Hz).

Depuis toujours, Cabasse n'a cessé de moderniser son centre de recherche et d'étude afin d'améliorer considérablement les performances de ses transducteurs et de ses enceintes. L'unité de Brest abrite très certainement l'un des centres de recherche électroacoustique les plus avancés d'Europe et cela dans tous les domaines : haute fidélité, sonorisation, son cinéma, professionnel et marchés d'Etat : Marine nationale.

Comme toutes les grandes idées, celle qui est la clé du succès des enceintes Cabasse depuis bientôt cinq décennies dans tous les pays du monde est très simple : restituer la vérité du son.

Chaque enceinte fabriquée subit 1920 mesures (réalisées par un ordinateur conçu et construit par Cabasse) avant de recevoir son certificat de garantie à vie. La seule vérité, le test ultime, le but de toutes ces recherches fondamentales et de cette fabrication dans des normes de tolérance plus draconiennes que celles de l'horlogerie est la comparaison du son direct de l'instrument et du son reproduit.

De cette éthique de conception et de fabrication ressortent deux points très spécifiques à Cabasse : D'une part l'obtention d'un rendement très important, afin de pouvoir reproduire toute la dynamique à un niveau d'écoute correspondant à la réalité. Cette caractéristique permet aujourd'hui aux enceintes Cabasse, grâce au numérique, d'exprimer la plénitude de leurs possibilités.

D'autre part la fabrication, dans ses propres usines, de tous ses haut-parleurs, ébénisteries et filtres afin de pouvoir maîtriser tous les paramètres de la production. Cette conception en dehors des modes, selon des données purement scientifiques, garantit aux possesseurs d'enceintes Cabasse une satisfaction durable, basée sur le maintien de leurs performances. A l'écoute d'une enceinte Cabasse. le mélomane découvre l'idéal de son constructeur : restituer la vérité sonore. Une telle approche se fait sans concessions. Elle ne découle pas seulement de l'amour de la musique, elle s'appuie également sur des moyens d'investigation exceptionnels, dont le plus original est sans doute le "protocole de mesures " mis au point par son laboratoire.


Le protocole de mesures Cabasse

L'évaluation objective d'une enceinte acoustique doit prendre en compte non seulement les performances intrinsèques de celle-ci, mais aussi son comportement dans son environnement. Cabasse a construit trois espaces de simulation à ce dessein

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Une chambre sourde, qui, comme son nom l'indique, absorbe totalement toute réverbération et permet les mesures les plus précises sur les transducteurs ou l'enceinte elle-même. Cette "chambre" permet, en supprimant toute réflection, d'isoler le signal incident afin d'en mesurer ses performances. C'est encore aujourd'hui la seule manière de pouvoir mesurer avec précision la réponse en fréquence, la distorsion, la phase et la réponse transitoire jusqu'aux basses fréquences. La chambre sourde Cabasse et ses 2000 mètres/cubes, ont été construits en 1960.

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Une chambre claire, sans aucun revêtement absorbant. Ses murs, étudiés pour qu'aucun ne soit parallèle à un autre, renvoient intégralement les sons qui leur parviennent. Inutilisable pour l'écoute, cette chambre, en réalisant la somme de l'énergie rayonnée, fournit des informations essentielles. Celles-ci , en les comparant avec les autres mesures, permettront de définir la directivité pratique de l'enceinte et sa sensibilité au local.

Une chambre semi-réverbérante, ou plus exactement une salle à la réverbération variable. Des logiciels de mesures associés permettent de suivre au cours du temps l'évolution de l'énergie sonore et sa répartition dans l'espace. On en déduit les modifications dans la perception des timbres apportées par les énergies précoces, moyennes et tardives, ainsi que leurs influences sur l'image sonore.

Ces lourds investissements, toujours inégalés, contribuent à faire des enceintes Cabasse, des instruments de précision qui permettent d'approcher d'encore plus près la perfection.


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La cohérence spatiale

Pour obtenir une large restitution en fréquence avec une faible distorsion, une enceinte acoustique fait appel à plusieurs haut-parleurs adaptés à chaque bande de fréquence. Le positionnement sur une face avant de ces différentes sources rayonnantes n'est pas sans causer quelques problèmes dans la zone de recouvrement. Les ondes sonores émises par les différentes membranes, compte tenu de leurs différences de marche par rapport à la zone d'écoute, interfèrent entre elles et sont la source d'irrégularités sur la courbe de réponse, ce qui a amené Cabasse à concevoir des systèmes de haut-parleurs coaxiaux.


Cabasse Goélette MC Broadcast

Afin d'optimiser ces problèmes de propagation de l'onde sonore, le laboratoire Cabasse a conçu un programme informatique spécifique de simulation. Ses analyses tridimensionnelles ont permis de mettre en évidence les modes de transmission de l'onde sonore et de développer l'Atlantis. Les S.C.S. munies du triple voie TC 21, du BC12, et enfin les M.T. pourvues des tweeter-médiums Dom 40 et Dom 30 ont aussi bénéficié de cette technologie.


Le BC 12

L'arrivée du transducteur bi-dôme BC12 a permis de résoudre les difficultés naturelles de raccordement entre les haut-parleurs, à savoir la conservation d'une distance de propagation identique entre chaque membrane et le point d'écoute.

Le BC12, constitué de deux HP médium et aigu montés l'un dans l'autre émet donc à partir d'un seul point virtuel. Et la réduction de deux points d'émission en est particulièrement avantageuse quand elle concerne le médium et l'aigu, là ou l'étalement des sources est le plus problématique. L'énergie, contrôlée, reste ainsi constante dans toute la bande de fréquence.


Cabasse Goélette 500

Les aimants sont constitués de ferrites et de terres rares (fer néodyme et bore), ce qui permet de réduire le volume d'un rapport de 1 à 10 pour le même champ magnétique dont les flux sont parfaitement maîtrisés. La réduction de volume des aimants permet la parfaite intégration des différents moteurs. Le BC 12 équipe la Goélette 500, la Goélette Broadcast, la Brick 500, la Catalane 500, l'Egéa 500 et l'Iroise 500.


Le TC 21

Cette portion de sphère pulsante composée de haut-parleurs possède plusieurs segments annulaires et forme un dôme parfait. Chaque partie, autonome, possède son propre moteur électrodynamique. La directivité bien contrôlée garantit le maintien des performances dans un vaste cône d'émission. Ainsi, l'auditeur n'est pas perturbé par les premières réflexions. La sphère de la Baltic et de l'Atlantis est la réponse parfaite aux problèmes classiques de l'effet de bord.

Le TC 21 équipe la Baltic, la Pacific et l'Atlantis.


pacific.jpg Cabasse Pacific

Mais Cabasse, c'est aussi du matériel professionnel Sonorisation du pont d'envol du porte-avions Charles de Gaulle équipement des radios et télévisions (TFl, Arte,France3, Radio France....) Cinémas, discothèques, édifices culturels, conférence.... Ce haut-parleur de grande technicité est très apprécié par les professionnels, puisque Radio France a choisi le système Baltic équipé de ce haut-parleur pour ses cars régie.


Cabasse et le Home cinéma

L'intérêt de Cabasse pour le cinéma et la diffusion multicanaux existe depuis de nombreuses années. Dans les années 50, ce sont les haut-parleurs Cabasse qui furent utilisés pour sonoriser les premières salles françaises en CinémaScope, dont le Rex à Paris. Ce procédé utilisait déjà le son magnétique Haute-fidélité à quatre pistes indépendantes.

Toujours dans le domaine du cinéma, Cabasse a conçu pour la Géode un système de sonorisation exceptionnel à douze canaux indépendants qui fait toujours référence. Et aujourd'hui, le concept CHF (Cinéma Haute-Fidélité) dérivé de cette installation équipe de nombreuses salles de cinéma. Pour Cabasse, la reproduction en multicanaux ne se limite pas au seul cinéma. Toute forme de reproduction sonore mérite la meilleure définition possible, surtout la musique. Dans les années 60, Cabasse présentait au Palais d'Orsay des écoutes en quatre canaux. Et c'est encore Cabasse, qui, en 1994, fut le premier à présenter au public la pentaphonie. en démontrant qu'il était possible de confondre un orchestre et sa rediffusion à travers un système haut-parleurs à cinq canaux. Bon nombre de constructeurs se sont reliés à ce principe de reproduction qui s'est avéré évident avec l'apparition des nouveaux standards multicanaux.

Sur sa lancée, Cabasse avec son programme de recherche et de développement nous promet encore bien des surprises.

Intelligibilité à très forte puissance par CABASSE

Article paru dans le numéro 24 de Prestige Audio Vidéo, propos recueillis par Patrick VERCHER


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Qu'y-a-t il en commun entre le porte-avions en cours de construction, Charles De Gaulle et la société Cabasse?


Tout d'abord la ville de Brest. L'un est en cours de réalisation par la DCN qui assure la maîtrise d'oeuvre industrielle de la plateforme et celle très complexe de d'intégration de l'ensemble dans la rade de ce port. L'autre, Cabasse, dispose de son centre de recherche électro-acoustique et de modélisation de ses haut-parleurs et enceintes acoustiques dans cette même ville. Ensuite, si on consulte les catalogues Cabasse, on constate que les noms des enceintes sont le plus souvent empruntés à ceux qui définissent une catégorie de bateau. Aussi, quand la marine a eu en projet la construction du premier porte-avions à propulsion nucléaire, elle fit de nombreux appels d'offre dont l'un concernant la diffusion sonore d'ordres à très forte puissance sur les ponts d'envol.

Le cahier des charges très sévère pour les diffuseurs à longue portée qui doivent être capable de transcrire un message parfaitement intelligible sur plusieurs centaines de mètres à un niveau sonore très élevé capable de couvrir le bruit d'un avion au décollage (plus de 140 dB) ou ceux de la tempête, tout en ayant une fiabilité pratiquement absolue. Or, les contraintes exigées par l'armée (déflagrations, chocs, résistance à la corrosion, maintenance ultra rapide) auraient découragé plus d'un constructeur. Cabasse a relevé le défi gràce à sa technologie de pointe issue de son laboratoire de recherche où les acousticiens sont aussi des passionnés de la mer et des bateaux. La batterie des chambres de compression plus pavillons conçue et réalisée par Cabasse, après des essais extrêmement poussé, fut retenue par la Marine Nationale. Nous avons pu ainsi assister à l'élaboration de ces transducteurs d'un type très particulier et visiter sur le Charles De Gaulle les emplacements de ces transducteurs longue portée pour les moins impressionnants ainsi d'ailleurs que la technologie mise en oeuvre sur ce navire qui est plus une véritable ville flottante avec...un aéroport !


Des chiffres qui donnent le vertige

Quiconque n'a pas vu un porte-avions de près, ne peut réellement se rendre compte du gigantisme du bâtiment. On paraît une véritable fourmi à côté de cette masse d'acier. Pour mieux se fixer les idées, le pont d'envol du Charles De Gaulle a une longueur de 262 m, soit près de celle de trois terrains de football mis bout à bout ! pour une largeur de 65 m. La hauteur du bâtiment de la quille au sommet du mât est de 75 m, soit 25 m de plus que l'Arc De Triomphe. Le déplacement en charge est de 40500 tonnes. Il peut accueillir 1850 marins. Il est organisé et aménagé comme une ville avec ses logements, espaces de restoration, magasins, ateliers, hopital (gigantesque), ville qui se concentrerait ` un immeuble de 8 étages, capable d'être autonome pendant un mois et demi sans ravitaillement extérieur.

Le financement d'un tel programme est de l'ordre de 18.5 milliards de francs ! pour la réalisation des travaux de développement, d'industrialisation, d'investissement logistique et de la construction proprement dite. Il est intéressant de noter que ces travaux sont répartis en valeur dans les grands secteurs d'activités industrielles dans les proportions suivantes : construction navale 36 %, industrie électrique et mécanique 21 %, industrie nucléaire 18 %, industrie électronique d'armement 25%. On constate que la part de l'électronique est très importante.

Il suffit de visiter le PC de commandement du Charles De Gaulle pour se rendre compte de l'incroyable complexité des ordinateurs mis en service ainsi que du câblage, gigantesque toile d'araignée de 1200 kms de câbles ! 300 kms de tuyauteries. Rien que pour les communications internes, 200 terminaux multi-fonctions, 1000 téléphones ont nécessité près de 100 kms de càblage dont près de 70 en fibres optiques.

L'îlot sur le côté est hérissé de 80 antennes différentes ! dont les impressionnants guides d'ondes descendent vers les unités de traitement.

L'écologie n'a pas été oubliée, les soutes du navire renferment une véritable usine de traitement des eaux usées, même celles chargées d'hydrocarbure, et de recyclage de dechets. Les deux centrales nucléaires embarquées sont capables de produire une énergie de 36 Méga Watts (pourraient alimenter une ville de 12000 personnes). Elles produisent la vapeur pour les deux moteurs à turbines des propulseurs, les générateurs électriques ainsi que pour les deux catapultes.

Sur le plan tactique, cette véritable base aérienne peut faire opérer un groupe de 34 à 40 avions pesant entre 20 et 25 tonnes chacun. Le pont d'envol est muni de deux gigantesques catapultes de 75 m de long chacune, alimentées par la vapeur fournie par les deux chaufferies nucléaires. Ces catapultes sont capables de propulser , pour aider au décollage, un avion de 20 tonnes de 0 às 260 km/h en 75 m ! soit une accélération proche des 5 G (le pilote doit rester parfaitement conscient, inutile de vous préciser sa condition physique irréprochable).

A l'inverse, l'atterrissage, manoeuvre ô combien délicate, sur un porte-avions qui se déplace et qui bouge (malgé ses stabilisateurs) bien qu'aidé par un système de guidage laser, demande aussi des nerfs d'acier de la part du pilote de l'aéronavale. Il doit, au moment d'apponter, accrocher l'un des trois filins qui va freiner sa course à l'atterrissage faisant passer sa vitesse de 250 km/h à l'arrêt en 40 m ! Les filins qui servent à freiner la course sont reliés à de gigantesques pistons qui, à l'inverse, compriment la vapeur.

Deux systèmes totalement inédits "facilitent" les manoeuvres de décollage et d'atterrissage. L'un dit le "Satrap" contrôle en permanence les mouvements du navire à partir de nombreux détecteurs qui envoient leurs informations à un ordinateur qui gère toute une série d'actionneurs parfaitement coordonnés afin de réduire les mouvements de roulis, de lacet et d'embardées du navire jusqu'à une mer de force 5 à 6 tout en compensant les tendances à la gîte. Un autre système dit "Dallas" exploite le principe d'une double visée laser et optique qui fournit des indications précieuses à, l'officier d'appontage pour assurer la sécurité des avions à l'atterrissage. Ainsi, de jour comme de nuit et en temps réel, une synthèse des informations est donnée pour suivre avec précision la trajectoire de descente de l'avion dans sa phase d'approche avec comparaison par rapport à celle qu'il devrait suivre.

Les ascenceurs latéraux de 36 tonnes élèvent les avions du hangar vers le pont. Par rapport à la propulsion classique, qui occupe tout le centre du navire et coupe les hangars de stationnement des avions, la propulsion nucléaire a permis d'avoir une surface de "parking" de 4600 m2 sans un poteau, les avions n'ont ainsi plus à replier leurs ailes.


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Pour transmettre les ordres d'urgences avec une intelligibilité correcte vers les ponts d'envol, quelles que soient les conditions météorologiques, Cabasse a étudié et réalisé tout autour de l'îlot des batteries de moteurs à chambre de compression et pavillons (4 vers l'arrière, 4 latéraux et 2 vers l'avant).

Les Cabasse résonnent dans le monde entier

Article paru sur http://www.sciences-ouest.org/


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L’écorché de l’une des technologies phares "maison", le TC 21 (Document Cabasse).


Fondée en 1950 par Georges Cabasse, la société Cabasse fabrique des enceintes de très haute qualité. Renommées internationalement, elles sont, pour l’amateur éclairé comme pour le professionnel, incontournables. Installée à Brest depuis 1959, l’entreprise poursuit son chemin sous une direction familiale, avec toujours le même credo : reproduire le son, exactement, y compris à haute puissance. Aujourd’hui, avec un chiffre d’affaires de 40 MF, elle dispose de points de vente dans plus d’une trentaine de pays !


Le grand public ne connaît généralement des enceintes que leur marque, le plus souvent la même que celle qui signe leur système hi-fi. C’est à un public relativement averti et fortuné que s’adresse la gamme Cabasse, une société implantée à Brest depuis 1959. Elle a fait de la restitution parfaite du son un cheval de bataille familial. Le fondateur Georges Cabasse, un ingénieur en électroacoustique, est issu d’une famille de luthiers et de facteurs d’orgues. Il a créé ses propres enceintes dès 1950. Aujourd’hui, son épouse, Elisabeth, et deux de ses fils, Christophe et Olivier, poursuivent les mêmes objectifs industriels et technologiques. " Une enceinte, c’est l’assemblage de haut-parleurs, de différents filtres et d’un ensemble châssis-carrosserie en ébénisterie. Nous sommes parmi les rares à étudier, réaliser et produire toutes ces parties, " explique Christophe Cabasse : " Ce qui fait notre différence par rapport à des équipementiers bien connus, ce sont les moyens mis en œuvre dans la recherche et dans la qualification de nos produits. " Car le siège brestois de Cabasse regroupe notamment la recherche fondamentale et appliquée, les prototypes et la production en petite série. Bref, tout pour inventer les bijoux de technologie qui deviendront des standards sur le marché de l’audio !


Torture en chambre pour enceintes hi-fi

" On teste les produits dans diverses salles, dont la célèbre chambre sourde de l’usine. La plus grande du monde qui soit consacrée à la hi-fi ", affirme Christophe Cabasse. 2000 m3 bardés d’une couche de 2,50 m d’isolant phonique (plafond, murs, sol) : cette chambre permet la mesure en tous les points des sons directs émis par une enceinte. A l’inverse, une chambre bétonnée dite claire, ou réverbérante (où le moindre chuchotis se répercute d’un mur asymétrique à l’autre), permet de tester un produit dans tous les axes à la fois, et de mesurer ainsi la puissance totale rayonnée par le système. Une autre chambre de "torture" soumet les enceintes à 300 h de fonctionnement au maximum de leur puissance, dans une température et une humidité tropicale : placages bois, collages et panneaux d’agglomérés (marine) doivent résister sans faiblir, comme les haut-parleurs ou l’électronique...


De nouvelles technologies

Pour rester au premier plan, la nécessité d’investir dans la recherche est évidente. Ce sont d’ailleurs les laboratoires et ateliers brestois qui ont fait l’objet en 1983 d’un piratage resté dans les annales. On avait alors tenté de dérober le processus de fabrication de dômes d’enceintes, réalisés en structure "nid d’abeille" ! Ces dômes spéciaux forment le centre de la membrane vibrante et leur production en série était difficilement maîtrisable à l’époque, sauf chez Cabasse...

Le département recherche de l’usine travaille toujours discrètement sur les nouveaux matériaux, mais aussi sur la cohérence spatiale. " Il s’agit de créer un son homogène à partir de haut-parleurs situés sur la face avant d’une enceinte. Il faudrait idéalement une source ponctuelle qui reproduise tout le spectre... " explique Olivier Cabasse. Mais dans un haut-parleur, une membrane légère et de faible surface peut "vibrer" à une fréquence élevée et produire des sons aigus (et selon le réglage, des sons médiums) : on obtient un "tweeter". Pour un "boomer", une membrane large déplace un volume d’air plus grand et produit des basses. Pour remédier au décalage spatial décrit, on développe chez Cabasse des produits où 2, voire 3 membranes sont disposées concentriquement, avec leur équipage mobile... Un principe retenu pour les autoradios, mais rare en hi-fi domestique et professionnelle. " Il y a d’autres pistes : par exemple mieux maîtriser les paramètres de l’équipage mobile pour augmenter la bande passante, c’est à dire la capacité à produire des fréquences variées. Il y a en tout plus de 600 paramètres à optimiser ! " sourit Olivier Cabasse. En attendant, l’une des dernières réalisations professionnelles de la maison, qui sonorise discothèques et cinémas dans toute l’Europe, a été la sonorisation du pont d’envol du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle !

M.E.P.