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L'âme de Cabasse : la Live Music

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→‎La Live Music en "live"
La ''Live Music'', encore appelée parfois "test de musique comparée" ou "essai-vérité" par Cabasse, consiste à comparer en alternance un objet sonore quelconque avec son enregistrement, au moyen d'une méthode de prise de son normalisée, reproduit sur place par des enceintes.
La méthode de prise de son retenue par Cabasse a été déterminée au moyen d'essais menés en direct pour comparer le fameux orchestre de jazz de [https://web.archive.org/web/20151021100817/http://www.claude-bolling.com/ fr/biographie.php Claude Bolling] et la reproduction de l'enregistrement de cet orchestre capté en stéréophonie sur deux canaux. Cette expérience a été menée dans les années 50 à l'aide d'un enregistreur [https://museumofmagneticsoundrecording.org/images/R2R/vinAd57Ampex4.jpg Ampex à huit pistes magnétiques]. Georges Cabasse a pu disposer gracieusement de cet appareil, très rare et inabordable à l'époque, grâce à son amitié avec Niels Grǿn, l'importateur en France des microphones [https://schoeps.de/ueber-uns/produktgeschichte.html Schœps] et des magnétophones Ampex. Cabasse s'était en effet vu confier le soin de régler les magnétophones Ampex et pouvait en disposer comme bon lui semblait. Ce matériel a permis de procéder à l'enregistrement simultané de quatre prises stéréophoniques réalisées avec quatre méthodes de prise de son différant notamment par la position des microphones, tous pris dans la gamme de Schœps. Georges Cabasse relate ainsi cette expérience : "''Cela se passait dans une grande salle de l'école des Mines à Paris, pour un concert de jazz dirigé par Claude Luter. Au milieu du premier mouvement, l'enregistrement que nous avions réalisé au préalable sur bandes a remplacé le vrai orchestre. À part les gens du premier rang qui ont senti la différence dans les baffles, personne n'a vu que les musiciens ne jouaient pas''" [1].
Jusqu'à sa retraite, Georges Cabasse, a toujours insisté sur le caractère indispensable de cette méthode d'évaluation pour juger de la fidélité d'un dispositif de reproduction sonore. "''L'enceinte est le contraire d'un instrument'', explique-t-il. ''Elle doit être transparente, neutre, ne rendre aucun son propre mais pouvoir les reproduire tous ; sans rien ajouter ni retrancher ni déformer. C'est pourquoi nous comparons toujours nos enceintes à la musique directe''" [2]. La dernière des [[20 questions pour une enceinte Haute Fidélité]] (1994) témoigne encore de l'attachement de Cabasse à cette méthode d'évaluation. Elle a également été utilisée par Cabasse dans ses premières expérimentations de [[Les_systèmes_de_stéréophonie_à_plus_de_deux_canaux|prise de son multicanale]] à la fin des années 50, puis à l'époque de la quadriphonie dans les années 70 et enfin pour la mise au point de la [[Brochure_Pentaphonie|pentaphonie]] dans les années 90.
Cabasse a régulièrement pratiqué des sessions de musique comparée dans sa ville d'accueil de Brest, que ce soit à des fins d'expérimentation ou de démonstration. Certaines de ces démonstrations se sont déroulées dans la grande salle du cinéma [https://wwwsallesdecinemas.brestblogspot.frcom/fileadmin2011/imported_for_brest10/fileadmin/Documents/publications/patrimoine_brestois/patrimoines_brestois15omnia-pathe-brest-29.pdf html Omnia], situé rue de Siam. Cette salle, aujourd'hui disparue, pouvait accueillir plus de 1 000 spectateurs. D'autres séances ont eu lieu dans la salle de l’école nationale de musique de Brest.
Pour ces séances, Cabasse a notamment utilisé un piano automatique débrayable, car ce type d'instrument rejoue systématiquement de la même façon, ce qui permet de s'assurer de l'identité du son de comparaison, comme l'explique Georges Cabasse : "''Quand nous testons nos enceintes sur la musique directe, encore faut-il que l'artiste joue deux fois de la même façon. Avec ce système, le piano peut jouer indéfiniment le même morceau sans aucune variation''" [3]. "''Le piano est un instrument intéressant, car il réunit à lui seul l'étendue du spectre sonore, l'attaque, le ''sustain'', la richesse harmonique et il permet de jouer de façon très claire et détachée, mais aussi avec la pédale d'expression qui fait résonner toutes les cordes en même temps''", explique M. Philippe Muller, ancien chef de produit Cabasse. Des comparaisons plus ambitieuses ont aussi été menées avec [[Interview_de_Georges_Cabasse_à_Stereoplay_en_mars_1985|l'orchestre de l'école nationale de musique de Brest]] dirigé par [http://paul.kuentz.free.fr/ Paul Kuentz], avec qui Georges Cabasse entretenait de bonnes relations [4]. "''Chaque année, nous mettons nos enceintes à l'épreuve lors des concerts donnés au Conservatoire de Brest''", poursuit Georges Cabasse. ''Aujourd'hui, c'est la véritable perfection. Je me place devant et à mon signal le chef d'orchestre se prête au jeu et tous font semblant de jouer. Pour l'auditoire, c'est du pareil au même. Nul n'a jamais pu déceler que l'orchestre n'avait pas joué''" [5].
==== Présentation de la démonstration ====
Le document ci-dessous reproduit constitue un témoignage assez extraordinaire. Il relate une démonstration publique de ''Live Music'' menée par Georges Cabasse en personne à l'occasion d'une manifestation organisée par l'[https://web.archive.org/web/20180705024140/http://www.afders.org:80/ AFDERS] (Association Française pour le Développement de l'Enregistrement et de la Reproduction Sonores).
L'expérience a consisté à enregistrer en public la musique interprétée par un pianiste, puis à reproduire cet enregistrement en alternance avec des passages rejoués par le même pianiste, dans le même local et devant le même public. Le défi : rendre le public incapable de repérer à l'oreille les transitions entre la musique en direct et la reproduction de l'enregistrement diffusée par des enceintes acoustiques.
Le premier enseignement est l'importance accordée par Georges Cabasse à la capacité des haut-parleurs, en lien avec une puissance d'amplification suffisante, à reproduire les niveaux de crêtes des signaux transitoires émis par les instruments de musique. Cette considération fait échos aux relevés des niveaux sonores de crête de certains instruments mécaniques ou électromécaniques mesurés par E. de Lamare et publiés dans les articles cités ''supra'' ([[L'âme_de_Cabasse_:_la_Live_Music#Historique|1.1]] §4).
Le deuxième enseignement est la méthodologie de la prise de son : deux microphones omnidirectionnels, aussi linéaires que possible, largement écartés l'un de l'autre. Huit mètres proclame le texte, mais il s'agit vraisemblablement d'une erreur de dactylographie, car les illustrations de l'article font apparaître un écartement pouvant plutôt correspondre à l'[[La prise de son selon Cabasse|écartement d'environ trois mètres habituellement prôné par Cabasse]]. Cette méthode de captation en stéréophonie sur deux canaux évoque celle qui a été popularisée aux États-Unis par le grand [httphttps://wwwgonzalobenitez.aeswordpress.orgcom/aeshcwp-content/jaes.obituploads/2023/11/JAES_V50_4_PG320jaes_v50_4_pg320.pdf Emory Cook] dans les années 40 et 50.
Le troisième enseignement est le soin et la méticulosité toute particulière avec lesquels le dispositif de reproduction a été mis en place, notamment le fastidieux processus pour aligner aussi parfaitement que possible le niveau sonore émis par les enceintes diffusant l'enregistrement du piano avec celui émis par ce piano et l'ajustement de la hauteur des enceintes acoustiques.
Les enceintes acoustiques qui ont été utilisées pour les démonstration sont notamment la [[Colonne 135]] et l'[[Albatros]] VI.
 
Ces démonstrations ont valu à Cabasse de figurer parmi [[Cabasse_au_Festival_du_Son#1989_:_les_Journ.C3.A9es_de_la_Haute_Fid.C3.A9lit.C3.A9|les nominés du premier trophée Joseph Léon]], pour la qualité esthétique et fonctionnelle d'un stand.
===== Fronts d'onde et vérité d'écoute : une démonstration de la société Cabasse =====
Cet article, qui comporte un descriptif détaillé de l'expérience, est accessible en consultation gratuite dans les archives en ligne de la publication bimestrielle de l'AFDERS, ''AFDERS Confidences'', en page 15 du n° 19 : [http://www.afdersforumcabasse.org/IMGdepot/pdfLive_Music/cabasse-live-music-ac19-couv.pdf cliquez ici !]jpg
===== Comptehttp://www.forumcabasse.org/depot/Live_Music/cabasse-rendu du salon =====live-music-ac19-1.jpg
http://www.forumcabasse.org/depot/Live_Music/cabasse-live-music-ac19-2.jpg http://www.forumcabasse.org/depot/Live_Music/cabasse-live-music-ac19-3.jpg ''L'article ci-dessus était accessible en consultation gratuite dans les archives en ligne de la publication bimestrielle de l'AFDERS, ''AFDERS Confidences'', publiées sur le site Internet de l'association jusqu'à sa regrettable disparition.'' ===== Comptes-rendus du salon =====  Le texte ci-dessous est extrait d'un compte-rendu des Journées de la Haute Fidélité de Paris de 1989 paru dans la publication bimestrielle de l'AFDERS, ''AFDERS Confidence'', en page 4 du n° 19 : [http://www.afders.org/IMG/pdf/ac19.pdf cliquez ici !].
''Cabasse aussi confirme de manière éclatante son nouveau savoir-faire. Les [[Colonne 135|colonnes 135]] (vous devinez leur forme) sont des 4 voies à 5 HP. Deux de 21 cm dans une charge semblable au caisson Etna (donc ouverte) pour le grave, un 17 cm et les dômes de 5,5 et 2,5 cm. Cabasse faisait appel comme souvent à un ensemble de musiciens enregistrés en direct devant les auditeurs. Le trio piano, hautbois, violoncelle jouait ensuite en alternance avec l’enregistrement numérique réalisé précédemment. Le public, abusé par les musiciens qui simulaient l’exécution du morceau choisi, avait bien des difficultés à déterminer qui du magnétophone ou des musiciens jouaient réellement. Des extraits de CD concluaient la démonstration. La [[Colonne 135|colonne 135]] s'est révélée être un modèle d'équilibre. Dans la lignée des [[Colonne 100|colonnes 100]] et [[Colonne 116|116]], on semble avoir atteint le summum des enceintes passives chez Cabasse. Des plans parfaitement étagés, une dynamique dans tous les registres sans agressivité, la recette est bonne.''
 
Un compte-rendu du salon dans ''La Nouvelle Revue du Son'' peut être lu dans la rubrique [[Cabasse_au_Festival_du_Son#1989_:_les_Journ.C3.A9es_de_la_Haute_Fid.C3.A9lit.C3.A9|Cabasse au Festival du son]].
=== La ''Live Music'' au Salon de la haute fidélité HIFI 93 ===
Les comptes-rendus du salon concernant Cabasse peuvent être lus dans la rubrique [[Cabasse_au_Festival_du_Son#1993_:_le_Salon_de_la_haute_fid.C3.A9lit.C3.A9_HIFI_93|Cabasse au Festival du Son]].
 
=== La Musique des équipages de la flotte de Brest en ''Live Music'' et en multicanal ===
 
L'évocation de la fameuse expérience de ''Live Music'' en multicanal menée avec le concours de la Musique des équipages de la flotte de Brest avant le Festival du son de 1995 peut être lue dans un[[La Musique des équipages de la flotte de Brest en Pentaphonie| article dédié.]]
 
https://forumcabasse.org/depot/Live_Music/musique_flotte_brest_pentaphonie.jpg
=== La ''Live Music'' au Salon de la Hi-fi de 1996 ===
M. Bernard Neveu nous a aimablement fait part de ses souvenirs à propos de la ''Live Music''. Bernard Neveu est preneur de son et compagnon de route de G. Cabasse depuis la fin des années 50. Il est le réalisateur des prises de son utilisées lors des démonstrations Cabasse aux différents Salons du Son auxquels il a participé jusqu'en 1995. Il a fondé les labels BNL et Syrius.
"''Quant aux comparaisons avec le direct, j’en ai une bien bonne : milieu des années 50, [https://congres.maisondelachimie.com/salle/amphi-lavoisier/ Maison de la Chimie] à Paris, salle comble ; sur la scène un orchestre big band ([https://web.archive.org/web/20151021100817/http://www.claude-bolling.com/ fr/biographie.php Claude Bolling] je crois). Le concert se déroule, les musiciens jouent plusieurs pièces puis tout d’un coup, en plein milieu de l’une d’entre elles, les musiciens posent leurs instruments et lisent le journal. Quelques «oh» et «ah» mais aucun commentaire ni aucune explication. Dans les jours suivants, la presse fait l’éloge de la démonstration non sans faire gentiment remarquer qu’effectivement on avait noté quelques différences de son lorsque l’orchestre avait fait place aux haut-parleurs... : l’orchestre n’avait jamais joué mais seulement fait semblant !!! Sortez les mouchoirs.''
''Je me souviens d’une démo dans une grande salle de concert de Brest où j’ai été moi-même pris à mon propre piège ; ayant quitté un moment la partition des yeux, j’étais complètement paumé. Georges se tordait de rire. Non, ces démonstrations ne sont pas des séances d’illusionnistes.''" (Bernard Neveu, lors d'une discussion au sujet des séances de ''Live Music'', juillet 2017).
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