t'as de quoi lire là !
me fait bosser un premier mai le bougre
je precise que les propos qui suivent ne sont pas de mon chef mais d'une personne ayant eu un poste important chez cabasse
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La série Clipper n'est pas très simple à comprendre et il y a de quoi s'y perdre.
Il y a eu les modèles avec boomer papier (Clipper puis Clipper 3) d'un côté et les modèles avec grave en mousse alvéolaire (Clipper II m3 puis Yawl). Le moins réussi fut probablement le modèle II m3 qui n'était pas facileà optimiser
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En réalité, c'est le DOM12(comparé au 12m15 ) qui est moins directif et c'est parce que le rayonnmement reste très énergétique à 2kHz et au-dessus qu'il pouvait poser des problèmes.
C'est d'ailleurs la différence de comportement entre ces deux haut-parleurs qui a fini par mettre Cabasse sur la piste du rayonnement des enceintes et de son influence sur le couplage avec la pièce.
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La marque construisit une chambre claire dont la fonction était de pouvoir mesurer la puissance rayonnée par l'enceinte
Les premiers modèles conçus de cette façon (chambre sourde + chambre claire) furent le Galion5 et le Clipper 2m3. Un peu trop excessifs, ces modèles furent remplacés aussi rapidement que possible car le rapport entre la courbe en chambre sourde et la courbe de puissance n'était pas connu et le choix opéré par Cabasse illustrait ce manque d'expérience. On se souvient donc d'enceintes très difficiles à faire marcher, alors que c'était le contraire qui était recherché. Les choses ont évolué par la suite, grâce à une meilleure perception de ces phénomènes.
Si ces enceintes avaient été omnidirectionnelles, tout se serait passé autrement et plus facilement. Ce sont les dimensions physiques des enceintes qui demandent à trouver un compromis acceptable permettant d'aller dans une majorité de pièces.
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En fait et bien que cela puisse paraître incroyable tant les enceintes semblent proches, il ne faut pas croire que les différences perçues entre le Galion 4 et le Galion 5 sont à mettre sur le compte du nid d'abeille.
Il m'arrive souvent de dire que les haut-parleurs ne sont qu'une partie de l'enceinte et qu'à eux seuls, ils ne font pas l'équilibre général. Le filtre joue un rôle considérable et ici, nous avons l'exemple du changement d'orientation dans la mise au point des enceintes chez Cabasse.
Même caisse, même grave, même haut-médium, même tweeter mais bas-médium différent. La tentation est grande de dire que les différences seront à mettre sur le compte de ce bas-médium. Eh bien non.
Avec la Clipper 2m3 et le Galion 5, Cabasse mettait en avant son nouveau protocole de mise au point faisant intervenir ses trois espaces de mesure (chambre sourde, chambre claire et local à acoustique variable). Cela permettait d'introduire la notion de puissance totale rayonnée et de ne plus se limiter aux seules courbes dans l'axe, à 30 et 45°
En définitive, ces deux nouvelles enceintes présentaient quelques défauts d'enthousiasme, comme chaque fois qu'un constructeur se lance dans une nouvelle voie, avec un équilibre très convaincant dans le grand auditorium de Brest (environ 5.4x7.5x10m) mais très difficile dans un salon domestique. L'écoute était souvent un peu raide et il fallait se livrer à une certaine gymnastique avec orientation parfois ésotérique des enceintes pour s'en sortir.
Dans ces conditions, la différence entre médium papier et nid d'abeille n'est pas facile car qui a la responsabilité de de quoi dans cette histoire ?
Avec le Galion 6 puis le 7 et pour terminer avec le Mistral (enceinte pro spéciale Radio-France), les choses se sont un peu calmées et l'équilibre est revenu vers quelque chose de plus habituel chez Cabasse.
J'ai pu procéder à des comparaisons sur des quatre voies actives munies de filtres à commutation (permettant de changer un HP tout en adaptant le filtre pour que les résultats puissent être comparables à l'écoute). Dans cette situation, l'avantage allait nettement vers le nid d'abeille . Par contre, là où vous avez raison, un Galion 4 est plus agréable qu'un Galion 5.
L'idée de mesurer le comportement des enceintes dans différents milieux est assez ancienne chez Cabasse. A l'heure des systèmes de mesure informatiques, cela peut paraître un peu archaïque mais il est nécessaire de se placer dans le contexte des époques pionnières.
Les gens de chez Cabasse (la maison a été fondée en 1950) étaient troublés par un fait: les différents modèles de la maison sonnaient de façon très différente quand ils se trouvaient dans une pièce alors qu'en chambre sourde, il était très difficile de différencier un Dinghy d'un Brigantin, même à l'écoute tant qu'on ne saturait pas le plus faible (dixit Georges Cabasse).
Le but étant de parvenir au minimum de différences, les ingénieurs passèrent plusieurs années avant de comprendre qu'il fallait intégrer la notion de puissance rayonnée. Cette puissance rayonnée est l'équivalent de la courbe de réponse moyenne en considérant tous les points de la sphère de rayonnement.
A l'inverse de la chambre sourde, qui permet de mesurer la source en un point de l'espace, la chambre de mesure est une chambre claire, un lieu très réverbérant (le plus possible) permettant de récupérer tout ce qui est rayonné par l'enceinte et qui nous revient via les murs de la pièce.
C'est là que l'équipe de recherche de Cabasse constata les énormes différences existant entre le Dinghy et le Brigantin. Pour que l'un ressemble à l'autre, il fallait donc que les deux enceintes présentent des caractéristiques extrêmes aussi voisines que possible. Bien entendu, c'est très difficile à obtenir mais l'exemple du microphone de mesure dont la réponse totale est comparable à la réponse dans l'axe (sauf dans l'extrême-aigu) montre la voie à suivre.
Comme les dimensions d'une enceinte sont loin d'être aussi modestes que celles d'un micro, les différences entre mesures dans l'axe et puissance rayonnée sont très marquées et c'est pour cela que les Galion 5 et Clipper 2M3 essuyèrent les plâtres. Quel compromis retenir ? Ce ne fut pas très facile.
La salle à acoustique variable était un grand auditorium dont les caractéristiques acoustiques pouvaient être modifiées dans de larges proportions (comme à l'Ircam). Cela permettait de simuler un maximum de situations intermédiaires.
Aujourd'hui, ceci peut paraître un peu rudimentaire mais il faut se replacer dans le contexte d'une époque. Incontestablement, Cabasse fut un pionnier.