Ahhh, un sujet ou je peux un petit peu m'exprimer ;
La musique Raï, çà a vraiment démarré au début des années 80 ;
c'est surtout une musique de jeunes, voire de jeunes rebelles ;
A l'époque des premiers disques qui étaient sortis, les paroles, qui parlaient ouvertement d'alcool, de filles, et d'autres sujets qui concernaient la jeunesse (l'immigration clandestine, ....) avaient crée une véritable révolution dans les pays du maghreb ;
Synthés à outrance, boites à rythmes, mélange de musique berbère, orientale classique, gnaoua et de chansons populaires,
Un genre nouveau était né, et la jeunesse s’y retrouvait entièrement dans les soirées branchées :
Enfin une musique sur laquelle on pouvait danser et qui nous parlait, une musique différente
de celle qu’écoutaient nos peres et grand peres ;
Les islamistes ont tout fait pour museler cette musique, et la guerre ouverte qui s’ouvrait alors
fit quelques martyrs (Cheb Hasni, assassiné) et de nombreux parias qui choisirent l’exil, en cherchant une reconnaissance internationale (dont Cheb Khaled lui-même) (tous les chanteurs s’appellent alors « cheb » ou « chebba », qui veut dire « jeune »);
Ils trouverent très facilement un public auprès de la seconde génération d’immigrés en mal de racines. Les disques de Raï commencent à circuler en France, à marseille, dans les marchés parisiens (des K7) ; On ramène avec nous des K7 achetées 10 Dh (1 Euro), et on se les prete, les enregistre ; Aucun label officiel ou CD à l’époque ; Mais tout le monde écoute ;
Deux films cultes indispensables qui ont marqué notre jeunesse et illustrent ce choc d’une génération déchirée entre un maroc ou une algérie qui ne les reconnaît pas, et une France qui la rejette :
« le thé à la menthe » (1985, Abdelkrim Bahloul)
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_g ... =1069.html
et « train d’enfer » de Roger Hanin (1985 aussi) ;
http://www.cinema-francais.fr/les_films ... _enfer.htm
C’est l’époque de la création de « Sos racisme », coluche, les restos du cœur ; La France découvre que les travailleurs nord africains qu’elle a elle-même fait venir à tour de bras dans les bras dans les années 60, et qu’elle a parqué dans d’immense cités HLM (celles là même qu’elle veut aujourd’hui « nettoyer au karcher ») ont eu des enfants, et qu’ils ne se sont pas fondus dans le moule de la république laïque (un terreau énorme pour les islamistes d’aujourd’hui, un comble, alors qu'ils étaient hier les ennemis de cette même jeunesse) ;
Cette jeunesse écorchée se retrouve dans cette musique Raï, un peu d’ici, un peu de la bas, à leur image, enjouée mais désabusée ;
C’est l’explosion de la musique Raï ; Deux héros :
Cheb Khaled (« Khaled », « Sahara » et « Kenza » sont lees plus connus)
http://khaled-lesite.artistes.universalmusic.fr/
Et
Cheb Mami (« Let me Raï » en 1991 et « Saïda » en 1994 sont ses plus gros succès)
http://www.chebmami.net/

On peut aussi citer aussi
Chaba Zahouania
Raina Raï (Zina en 1983, un succès phénoménal)
Les frères bouchnak
Et bien d’autres !....
Aujourd’hui, le raï se mixe avec le RN’B, (série des Raï N B Fever 1 et 2) ; Mami chante avec Sting, Khaled avec Goldman ; Cette musique à trouvé une véritable reconnaissance internationale, et c’est très bien comme çà (donnant à la France une image « colorée et cosmopolite » comme si bien dit dans l’intro du raï n b fever vol 1) ;